EPISODE 005 🎧 Comment chasser une mauvaise habitude ?

 

Avez-vous dĂ©jĂ  essayĂ© de changer une petite habitude de rien du tout et vous n’y arrivez toujours pas.  Rassurez-vous, nous les humains nous avons du mal Ă  changer
 surtout si nous nous sommes habituĂ©s de rĂ©pĂ©ter ce comportement depuis plusieurs annĂ©es. J’ai la formule pour rĂ©soudre ce problĂšme, je vous la dĂ©voile dans cet Ă©pisode.

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Avant de vous rĂ©vĂ©ler cette formule toutefois qui fonctionne Ă  tout coup, je vous l’assure, j’aimerais vous parler de deux amies, elles se connaissent depuis plus de vingt ans. Elles ont le mĂȘme Ăąge et portent le mĂȘme prĂ©nom. Bien qu’elles aient toutes les deux fait des projets similaires comme Ă©crire un livre, par exemple, ou crĂ©er des projets artistiques qui ont eu un certain succĂšs, elles ont eu des parcours diffĂ©rents. Une est nĂ©e au QuĂ©bec, l’autre est nĂ©e en France.

J’ai choisi de vous parler de ces deux amies, car toutes les deux aimaient beaucoup fumer. L’une a rĂ©ussi Ă  arrĂȘter et n’a plus succombĂ© Ă  la tentation. L’autre a fait plusieurs tentatives, mais elle fume toujours, plus de deux paquets par jour.

Lorsqu’on fume depuis longtemps, la gorge, les bronches, les poumons souffrent. Il n’est donc pas Ă©tonnant que celle qui n’a pas rĂ©ussi Ă  chasser cette mauvaise habitude, plus de vingt ans plus tard ait moins d’énergie. Sa santĂ© est chancelante.

CrĂ©er est devenu plus difficile avec le temps et sa vie a commencĂ© Ă  devenir trĂšs routiniĂšre. Le dĂ©sir de crĂ©er l’a abandonnĂ©e peu Ă  peu. Au lieu de vivre sa vie pleinement, elle la vit par procuration. Femme sensible, tournĂ©e vers les autres, elle est davantage portĂ©e Ă  s’occuper des autres au point de s’oublier. C’est parfois le prix Ă  payer lorsque nous avons une trop grande soif d'ĂȘtre apprĂ©ciĂ©e et aimĂ©e.

Lorsqu’on observe cette situation, le constat est assez triste. Une fille qui a du talent et de trĂšs belles qualitĂ©s, elle sait Ă©couter et comprendre ses amis, se retrouve dans une vie qui l’emprisonne. Elle a vieilli prĂ©maturĂ©ment, se convainquant que ce n’était mĂȘme plus la peine d’essayer d’arrĂȘter de fumer, qu’elle n’y arriverait plus.

Pendant ce temps, son amie qui a rĂ©ussi Ă  tenir sa nouvelle habitude, malgrĂ© des bronches fragiles et le fait qu’elle ait beaucoup voyagĂ© et vĂ©cu dans des villes polluĂ©es, elle crĂ©e Ă©normĂ©ment, a plusieurs projets et l’énergie nĂ©cessaire pour les mener Ă  terme. Elle est beaucoup plus en forme que son amie qui pourtant vit Ă  la campagne dans un milieu naturel.

Je vous raconte cette histoire, parce qu’une petite mauvaise habitude qu’on laisse prolifĂ©rer peut avoir des effets cumulĂ©s au fil des ans et vous pourrir l’existence pour longtemps.

Mais rassurez-vous, j’ai une formule pour vous aider Ă  vous dĂ©barrasser de vos mauvaises habitudes sans souffrir.

Lorsque j’accompagne des crĂ©ateurs ou des entrepreneurs, j’aime leur faire faire des exercices d’ingĂ©nieri inversĂ©e.

S’imaginer le rĂ©sultat final selon un scĂ©nario positif ou nĂ©gatif aide Ă  maintenir une dĂ©cision lorsque nous sommes proches de flĂ©chir, cela nous aide Ă  rester motivĂ©s.

Avant tout, il faut tenter de changer une habitude Ă  la fois. Tous les scientifiques qui font des recherches sur ce sujet sont formels : essayer d’accomplir plusieurs choses en mĂȘme temps est nettement moins efficace.

Oui, oui, je sais, cela est bien plus facile Ă  dire qu’à faire. Et je retombe dans le piĂšge souvent. Je suis gourmande, il m’arrive de vouloir changer plusieurs choses en mĂȘme temps et je finis systĂ©matiquement par avancer Ă  pas de tortue au lieu de vĂ©ritablement changer ce que je souhaite. Les rĂ©sultats me dĂ©couragent.

Êtes-vous comme moi ? Êtes-vous trop ambitieux parfois lorsque vous souhaitez vous dĂ©barrasser de mauvaises habitudes ?

Ma formule qui tient en trois mots est la suivante et elle est infaillible.

1 - La premiĂšre, il faut savoir pourquoi vous souhaitez changer cette habitude. Pour moi, par exemple, qui aimais fumer, comme les deux amies dont je vous ai parlĂ© en dĂ©but d’émission. RĂ©ussir Ă  arrĂȘter a Ă©tĂ© trĂšs difficile. Je n’ai pas eu la volontĂ© de la premiĂšre amie dont je vous ai parlĂ©. J’ai plutĂŽt eu de nombreuses rechutes et j’aurais pu ĂȘtre comme la deuxiĂšme
 ce qui m’a finalement aidĂ©e, dĂšs que j’avais envie de fumer, je me rĂ©pĂ©tais les raisons pour lesquelles je voulais arrĂȘter. Je m’imaginais une peau craquelĂ© et cireuse, en vieillissant de maniĂšre prĂ©maturĂ©e. Des doigts et des dents trĂšs jaunes. Un souffle court. Des rhumes Ă  rĂ©pĂ©tition.

Lorsque vous ĂȘtes clair dans vos motivations, elles deviennent des arguments pour Ă©viter de faillir. Votre raison argumente avec votre dĂ©sir (ou votre faiblesse).

2 - Le dĂ©clencheur. Ce qui m’a Ă©normĂ©ment aidĂ©e, c’est d’identifier avec prĂ©cision les moments oĂč je rechutais : un cigarette Ă©tait particuliĂšrement agrĂ©able avec un cafĂ©, pendant une soirĂ©e avec des amis qui fument. Lorsqu’on sait ce qui nous fait faiblir, on peut Ă©laborer des stratĂ©gies. Ne pas s’attarder Ă  table aprĂšs un repas, partir en promenade, par exemple. Diminuer le cafĂ©. PrĂ©venir nos amis de pas nous offrir de cigarette mĂȘme si on leur demande ou Ă©viter leur prĂ©sence les premiĂšres 48 heures. AprĂšs mes nombreuses rechutes, j’avais remarquĂ© que plus le temps passe, moins on y pense, mais les premiĂšres heures sont souvent terribles
 il faut donc veiller Ă  prĂ©venir l’effet des dĂ©clencheurs.

3- Et finalement, commencez par une micro action. Dans le cas de la cigarette, cela a fonctionnĂ© lorsque je me suis fait un horaire. Cela faisait une heure, puis trois heures, puis, une journĂ©e, puis 12 heures, puis 24 heures, puis trois jours. Chaque fois que je cochais une Ă©tape sur mon calendrier, je ressentais une micro-victoire qui m’incitait Ă  me rendre Ă  la prochaine Ă©tape et ainsi de suite.

Le meilleur livre que j’ai lu sur les habitudes est le livre de Charles Duhigg, The Power of Habit. Il explique l’importance de bien identifier le dĂ©clencheur. Dans son cas, par exemple, il est journaliste au New York Times, il descendait tous les aprĂšs-midis s’acheter une collation sucrĂ©e. Ce qui a fini parle lui faire prendre du poids. Il a pu changer son habitude lorsqu’il a compris qu’aprĂšs plusieurs heures de concentration, il avait besoin d’un contact humain. Lorsqu’il descendait prendre sa collation, c’était l’occasion d’échanger avec des collĂšgues. Il avait enfin trouvĂ© le dĂ©clencheur, c’était moins le goĂ»t du sucre que le besoin de faire une pause en ayant un contact humain aprĂšs avoir travaillĂ© de longues heures face Ă  son Ă©cran.

Et les micro-actions, on sait que cela fonctionne pour l’alcool, la cigarette, les desserts
 il faut commencer petit et augmenter peu Ă  peu. Une bonne habitude se construit dans la durĂ©e et il est faux de croire que ce sera rĂ©glĂ© en 21 jours comme on le lit souvent sur Internet.

Voilà, vous avez désormais la formule qui fonctionne.

  • Bien connaĂźtre les raisons de vouloir dĂ©velopper cette habitude. Il s’agit souvent de remplacer une mauvaise habitude par une bonne. Cela fonctionne bien si nous connaissons les raisons exactes qui nous motivent pour changer cette habitude.

  • Identifier les dĂ©clencheurs : quels Ă©lĂ©ments nous poussent Ă  l’action que ce soit pour une mauvaise ou bonne habitude. Prenez le temps de bien noter ce qui vous incite Ă  agir ainsi. Charles Duhigg dans son ouvrage explique qu’il y a cinq types de dĂ©clencheurs :

  1. le lieu

  2. le temps

  3. l’état Ă©motionnel

  4. les autres personnes

  5. ce qui prĂ©cĂšde immĂ©diatement l’action

  • Commencer par une micro-habitude et se donner le temps de l’ancrer profondĂ©ment.

Pour conclure, rappelons-nous qu’il ne suffit pas de se faire confiance ou de faire confiance Ă  sa volontĂ©. Une habitude prendra le dessus sur une autre seulement si nous avons un plan prĂ©cis pour la remplacer par une meilleure habitude.

Et si nous rĂ©pĂ©tons encore et encore jusqu’au moment oĂč cela deviendra un automatisme auquel nous n’aurons plus besoin de rĂ©flĂ©chir.

Hourrah ! Nous aurons gagné.

Ne soyez pas comme la deuxiĂšme amie qui a laissĂ© la mauvaise habitude prendre une telle ampleur, deux paquets par jour et parfois plus. Une voix qui s’estompe, des poumons abĂźmĂ©s, une Ă©nergie qui faiblit, c’est vraiment dommage. Elle pourrait encore parvenir Ă  se dĂ©barrasser de cette mauvaise habitude, mais pour elle, ce sera beaucoup plus difficile. Le danger Ă©galement est d’avoir ce sentiment de dĂ©faite, comme si elle ne mĂ©ritait pas d’investir pour elle-mĂȘme. Elle s’occupe des autres, les Ă©coute, les comprend, mais nĂ©glige sa propre santĂ©.

Lorsqu’on pense qu’on n’a pas de temps pour soi ou que les autres sont plus importants que nous, on finit par glisser peu à peu dans l’inaction.

Alors
 ne tombons pas dans le piÚge comme cette femme. DÚs que nous détectons que nous glissons vers une mauvaise habitude, il ne faut pas tarder à réagir.

Personnellement, lorsque je fais mon plan de 90-jours, je rĂ©vise mes habitudes et j’en choisis une seule sur laquelle je vais me focaliser pendant le trimestre. Je m’assure Ă©galement de rĂ©viser celles que j’ai dĂ©jĂ , mais que je peux parfois nĂ©gliger. Ces rĂ©visions m’aident Ă  m’amĂ©liorer et surtout libĂšrenrt mon cerveau.

Une fois acquise, une saine habitude ajoute Ă  notre qualitĂ© de vie et plus nos bonnes habitudes sont nombreuses, plus nous avons l’impression d’avoir une belle vie.

J’espùre que cette formule vous sera utile pour chasser vos mauvaises habitudes, vous m’en donnerez des nouvelles !

N’hĂ©sitez pas Ă  me poser des questions ou Ă  me laisser un commentaire, je serai ravie d’y faire Ă©cho dans un prochain Ă©pisode.

Si vous avez aimĂ© ce balado, n’oubliez pas de vous abandonner pour ne rien manquer.

 
Sylvie Gendreau