PAS DE PROJETS, TU MEURS à petit feu

 
 PHOTO : JEFF SHELDON, UNSPLASH

PHOTO : JEFF SHELDON, UNSPLASH

Je connais des personnes qui ont pris leur retraite à 50 ans.

Une vie de loisirs !

Cela vous fait-il envie ?

Moi, non.

Mais eux, ils sont heureux.

Ils n'aimaient pas leur emploi.

Ils ont économisé énormément pour avoir cette vie paisible.

Une routine, un peu de sport, quelques croisières.

Lorsque j'étais jeune chercheure, le sujet de la société des loisirs nous passionnait. On rêvait d'une société où plus personne ne travaillerait.

L'inactivité permet de réfléchir. Et c'est excellent aussi longtemps que nous avons un projet.

Je connais une écrivaine de 90 ans qui écrit un livre presque chaque année. Elle resplendit de bonheur.

J'admire Jean Malaurie, 95 ans, qui vit une vie trépidante et engagée. Si vous ne connaissez par cet homme hors du commun, je vous invite à écouter sa conversation avec Étienne Klein sur France Culture.

Et je lis le message de Monique :

«Bonjour Sylvie. Je termine bientôt mes cours à l’université du troisième âge. Je débuterai le cours Dessinez votre futur. Déjà mon lieu de création existe avec une phrase prometteuse : suivez vos rêves, ils connaissent le chemin.»

J'ai envie plus tard d'être comme ces personnes. 

Parce que je pense sincèrement que sans projets, tu meurs à petit feu.

Les expériences menées auprès des personnes âgées à qui l'on confie des responsabilités vivent plus longtemps et en meilleure santé.

Est-ce une raison pour s'accrocher à son emploi ? Je ne le pense pas.

Il faut faire place à la relève. 

Un modèle que je trouve intéressant est celui initié par Ricardo Semler au Brésil. Il a transformé l'entreprise manufacturière traditionnelle fondée par son père, Semco : horaires flexibles, management participatif, cogestion.

Ricardo prône l'inactivité. Pas la paresse.

Parce que c'est souvent pendant ces moments que nous avons nos meilleures idées.

Chez Semco, on peut prendre des congés sabbatiques, décider de travailler à mi-temps. Ricardo n'encourage pas les salariés à prendre leur retraite.

Il préfère qu'ils continuent à venir travailler quelques jours par mois... mais il leur permet de prendre des congés duant toute leur carrière.

Ainsi les plus jeunes bénéficient de leur expérience. Les savoirs se transmettent.

Ce qui compte chez Semco, ce n'est pas où tu travailles ni l'heure à laquelle tu travailles ni même ce que tu fais exactement.

Ce qui importe chez Semco, c'est la performance.

Tout le monde est responsable de la performance de l'entreprise.

Et puisque tout le monde est responsable, il y a peu de niveaux hiérarchiques. Les salariés choisissent leur chef tous les six mois.

Tous les chiffres sont disponibles. Tout le monde sait combien chacun gagne. Tout est transparent.

Les salariés décident de leur salaire et choisissent avec quels collègues ils veulent travailler.

Les prises de décision sont plus lentes, c'est vrai.

Mais, l'exécution est beaucoup plus rapide.

Le modèle fonctionne pour eux. Le taux de croissance impressionnant de Semco (46,5% en moyenne pour les 20 dernières années) le prouve. Et son taux de roulement est extrêmement bas (moins de 2%).

Un style de gestion qui leur réussit.

Cela ne convient pas à tous d'avoir des responsabilités ainsi.

Surtout si on n'en a pas l'habitude.

Mais si on a la chance d'évoluer dans une telle culture, nos neurones sont stimulés.

Que l'on ait 17 ans ou 97 ans, avoir un projet est stimulant.

Et la meilleure façon d'avoir un projet intéressant, c'est de le choisir soi-même.

La première étape ?

Trouver idées rentables.

PS  De zéro à un. Jouez & Gagnez avec La Nouvelle École de Créativité.

 
Sylvie Gendreau