LES TRANSITIONS...

 
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Nous sommes tous des voyageurs.

Notre première destination est notre vie.

Une vie est faite de transitions.

Des petites. Des moyennes. Des grandes.

Anne m'a écrit un long message, il y a quelques jours, où elle me raconte son histoire personnelle pour faire suite à mon message De belles fréquentations.

Elle y parle d'emplois et cela tombait bien avec mon troisième acte de beauté de 2018, La magie des connexions

Et avec mon cinquième acte de beauté dont j'aimerais vous parler aujourd'hui, Les transitions.

Voici l'extrait où Anne me raconte son histoire :

« Je vous rapporte une expérience vécue.

Cela se passe il y a quelques années, après une carrière d'indépendante, assez bien remplie d’expériences diverses, je décide à plus de 57 ans (alors que des jeunes de 30 ans sont parfois taxés de « trop vieux »!) de chercher un travail sous le statut salarié...

Cela commence par un intérim qui est prolongé semaine après semaine (j’apprends que mes collègues ont presque tous commencé ainsi et qu’après un temps plus ou moins long, un contrat fixe leur est proposé) pendant presque deux ans...

Ma supérieure hiérarchique m’informe alors qu’un poste s’ouvre pour le nouveau travail que je fournis depuis quelques mois, et donc je me présente avec toutes les chances de mon côté. On m’offre alors un contrat à durée déterminée à la grande surprise de ma supérieure...car la société avait racheté une autre société en Allemagne, et que l'équipe allemande terminait son travail ....qui ensuite serait traité chez nous en Belgique. 

Pourquoi pas un contrat à durée indéterminée?

Nous allions le savoir avant la fin de mon contrat (qui allait d’ailleurs être renouvelé). 

Notre équipe, qui traitait les données arrivant, par internet, du monde entier, allait être purement et simplement remplacée par des travailleurs moins coûteux en salaire, en Inde.

Une équipe de plus ou moins quinze personnes travaillant cinq jours par semaine et huit heures par jour d’un côté. 

Une équipe d’environ trois plus d’individus se relayant presque 24 heures sur 24, tous les jours de l’année de l’autre côté. 

Il n’y a pas photo comme on dit!

Fin de notre département au sein de l’entreprise... 

...il faut selon moi, garder à l’esprit que dans nos pays « développés » la pauvreté existe également, et que donner du travail à un travailleur dans un pays pauvre est bien souvent faire une belle économie sur le coût de son salaire, tellement plus bas que de notre côté du monde !

Qu’un geste, qui vu de l’extérieur, peut être interprété comme généreux ne l’est pas nécessairement. »

C'est une question complexe !

À première vue, on ne peut qu'être d'accord avec Anne.

Mais le danger du protectionnisme, c'est de se laisser dépasser par le mouvement du monde. 

Protéger les emplois dans un pays est important, mais il faut le faire en intelligence. Si le même travail est disponible ailleurs pour beaucoup moins cher, il faut le faire évoluer pour lui donner une nouvelle valeur. Sinon, il deviendra peu à peu désuet, et il sera encore plus difficile pour les personnes occupant cet emploi de réussir leur prochaine transition.

Dans De l'autre côté du miroir, Lewis Carroll, illustre cela très bien dans un dialogue entre Alice et la Reine Rouge.

« C'est étonnant, j'avance mais j'ai l'impression de toujours rester à la même place, dit Alice, interloquée à la Reine Rouge. »

Alice marche, puis court sans avoir l'impression d'avancer car le paysage la suit.

La reine rouge lui répond : « Dans ce pays, il faut courir plus vite que les autres pour rester à sa place. »

J'utilise souvent cette phrase lorsque j'enseigne l'innovation.

On peut penser qu'avancer veut dire aller plus vite que les autres.

Mais, en fait, avancer peut aussi vouloir dire, trouver une manière ingénieuse d'avancer autrement.

Un protectionnisme qui ferme les yeux est dangereux.

Combien de personnes achèteront le même produit ou service et seront prêtes à payer 2x 3x 10x plus cher si les résultats sont les mêmes.

Nous sommes prêts à payer plus cher, si le service ou le produit nous offre quelque chose d'unique, de différent.

Les plus engagés seront prêts à payer plus cher (s'ils en ont les moyens) s'ils sont convaincus que ce produit ou service a été fabriqué dans le respect de leurs valeurs (impact social - empreintes environnementales).

Mais entre nos mots et nos actes, il y a souvent un petit écart. Tous souhaitent un air plus pur, mais si cela change leur vie, tous ne sont pas prêts à en payer le prix.

Accorder nos pensées et nos mots à nos actes est une des choses les plus difficiles à réussir.

Chaque pays est responsable de la gouvernance de son territoire. Chaque pays décide de son niveau de dettes, de ses protections sociales. Mais nous sommes tous tributaires de nos alliances.

Nous pouvons poser des micro-actions dans nos microcosmes. Mais nos microcosmes font partie d'un macrocosme. Non seulement nous sommes tous liés, nous sommes tous affectés, comme le mouvement des ondes dans l'univers, par les mouvements du monde. Même si l'effet n'est pas immédiat.

Le météorologue Edward Lorenz a été le premier à parler de l'effet papillon (un battement d’ailes de papillon au Brésil peut provoquer une tempête au Texas).

Comme le résume l'équipe de Ça m'intéresse :

« Il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s’amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux. Cette notion ne concerne plus seulement la météo, mais s’applique également aux sciences humaines, à l’environnement. Par exemple, l’utilisation en Europe de bain moussant, de pesticides ou de substances ignifugées bromées engendre la destruction des ours polaires du Groenland. En effet, ces toxines libérées dans l’environnement voyagent sur des milliers de kilomètres, polluent les eaux et s’accumulent dans les graisses des poissons et autres phoques, eux-mêmes ingérés par les ours. Au final, les plantigrades concentrent tous les polluants et souffrent de troubles du comportement, de la reproduction ou encore de la croissance. »

On ne veut pas évoluer en vase fermé.

Aucun pays ne peut fermer ses frontières complètement.

Aucun pays ne peut fermer les yeux sur la pauvreté des autres pays.

Il y a quelques années, le gouvernement canadien a fait une étude importante qui montrait que la pauvreté mène inexorablement à la violence. Plus il y a de pauvres sur la planète, plus la paix dans le monde est menacée.

C'est un problème très complexe.

Pour revenir à la sous-traitance à l'extérieur de son pays.

Parfois, il n'est pas possible d'avoir un département entier, cela représente des coûts trop élevés.

Le souci des entreprises irresponsables, c'est qu'elles ferment des départements entiers ou des usines sans permettre à sa main-d'œuvre de se préparer pour autre chose. Une entreprise responsable pourrait encourager son personnel à se former à de nouvelles compétences.

Mon conseil !

Bientôt, c'est l'intelligence artificielle qui remplacera des centaines de milliers d'emplois. Ce n'est pas dramatique en soi. Car de nouveaux emplois seront créés. Ce qui est dramatique, c'est de ne pas se préparer pour cette transition.

On peut s'en plaindre et s'en inquiéter.

Mais ce qui nous sauvera, c'est la préparation et l'action.

Mon cinquième acte de beauté s'adresse à vous tous qui avez le courage de vous préparer pour vos prochaines transitions.

Ceux entre autres qui embrassent les défis créatifs que nous leur proposons à La Nouvelle École de Créativité.

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