LES DÉCORS

 
Semaine+blog+jour+5-8.jpg


Chaque histoire a ses couleurs, ses tonalités, son style, son design, ses odeurs, son décor… lorsque nous nous rappelons un livre ou une histoire, on se rappelle souvent du décor que nous avons imaginé, les odeurs évoqués, les mets dégustés. Nous lisons avec tous nos sens.

Moi, par exemple, c’est le conte de Charles Dickens, La petite fille aux allumettes... les images étaient si vivides dans mon imagination de petite fille que je revois encore les scènes chaque fois qu'elle frottait l'allumette. Ou les descriptions de Proust, décrites avec un tel soin que j’ai eu l’impression d’y être et que, chaque fois, que je le relis, ce sont les mêmes images qui reviennent. Encore aujourd'hui, des années après avoir lu Proust, si je suis à la Comédie-Française, je ne peux m'empêcher d'imaginer Madame de Guermantes, assise au balcon, une lueur teintée des reflets de la soie mauve de sa tenue colorent doucement la pénombre.

Il y a ce que l’auteur décrit et il y a, bien sûr, ce que nous imaginons. Si je vois un film après avoir lu un livre, je suis la plupart du temps déçue parce que le décor et les personnages sont différents ce ceux que j’ai imaginé et auxquels je me suis habituée.



Il m'arrive de voir en images mes histoires avant de les écrire.

Depuis quelques années, je n’ai plus le temps d'écrire des nouvelles ou des romans, mais je sais qu’au moment d’écrire ce genre d’histoires, il arrive souvent que des films se déroulent sous mes yeux, je n’ai plus qu’à décrire ce que je vois. Probablement parce que je suis sensible aux décors, aux atmosphères, à la lumière, aux couleurs…

Un bon écrivain fait du repérage, observe, prend des photos, fait des interviews des personnes qui vivent de différentes manières dans des lieux qui ne sont pas ceux qu'il a l'habitude de fréquenter.

Comment imaginer des décors ?

Comment imaginer les décors de gens riches lorsque nous avons toujours vécu dans des appartements modestes ? Comment imaginer la campagne si toutes nos références sont urbaines ? Comment imaginer la pauvreté si nous avons toujours vécu dans une certaine abondance et n'avons jamais ressenti le manque d'argent ?

Vous jouez tous les rôles !

Ce qui est très plaisant lorsque vous écrivez une nouvelle ou un roman, c’est que vous jouez tous les rôles : directeur de la photographie, responsable des décors, cinématographe, costumier, metteur en scène… et vous n’avez pas les contraintes budgétaires ou physiques qu’impose le cinéma.

Chaque personnage est une histoire en soi, sa façon de se vêtir, de se mouvoir, le lieu qu’il habite, les lieux qu’ils fréquentent, la musique qu’il écoute… tout cela participe à l’identité du personnage.

Le lieu où se déroule l’action est également très important.


Cela peut vous aider à savoir à quoi ressemble la pièce (ou le jardin, le bureau, la rue) où se déroulera l'action.

Vous voulez connaître son atmosphère, sa température, ses couleurs. Chaque pièce parle de mémoire. Chaque pièce nous fournit des couches d'informations sur notre passé et notre présent et sur qui nous sommes, nos sanctuaires et bizarreries, nos espoirs et nos peines, nos tentatives pour prouver que nous existons.



Anne Lamott écrit : « Vous pouvez voir, dans nos chambres, combien de lumière nous avons besoin — combien d'ampoules, de bougies, de puits de lumière nous avons — et comment nous gardons les choses allumées, vous pouvez voir comment nous essayons de nous réconforter. Le mélange dans nos chambres est tellement touchant : le fouillis et les fissures dans le mur démentent une tristesse ou une cassure dans nos vies, tandis que des photos et quelques objets rares montrent notre fierté, nos rares moments de brillance. »

Devant votre page blanche, vous essayez de voir à quoi ressemble le décor dans lequel vos personnages entreront dans un instant.

Elizabeth Gilbert après le succès de son best-seller, Eat Pray Love a eu un passage à vide. Une pression très forte, venant de l’extérieur lui laissant croire qu’elle ne serait plus capable d’écrire un livre après avoir vendu 12 millions d’exemplaires de son récit autobiographique.

Assise dans sa cuisine, regardant les fleurs dans son jardin, en panne de désirs, elle a commencé à se demander d’où venait ces fleurs… en lisant sur Internet sur la botanique, elle venait de trouver le sujet de son prochain livre, elle est partie sur les traces de Henry Whittaker, un homme pauvre qui a fait fortune à la fin du dix-huitième siècle, début dix-neuvième (l’homme le plus riche de Philadelphie à l'époque) et de sa fille botaniste, mariée à un artiste idéaliste… The signature of all things venait de naître, un autre best-seller !

Vous pouvez tout imaginer, et une petite question peut suffire pour jouer le rôle de déclencheur… mon objectif est d’allumer l’étincelle en vous.

Vous devez croire en vous, sinon votre travail n’avancera pas. Si vous ne croyez pas en ce que vous dites, cela ne sert à rien de le dire. Cependant, si quelque chose vous tient à coeur, la nature, un type de société, certaines manières de vivre, alors cette conviction vous permettra de continuer, vous aurez l’impulsion et l’énergie pour terminer ce que vous avez commencé.

Pour être un bon écrivain, vous devez écrire beaucoup et avoir des points de vue sur le monde. Michel Houellebecq, l'écrivain français le plus lu à l'extérieur de la France, n'est pas celui qui écrit le mieux ou qui a le plus beau style, mais il a des points de vue marqués qui ne laissent pas indifférents.

Vous n'êtes pas obligé d'avoir une philosophie morale complexe. Mais un écrivain essaie souvent de faire partie de la solution, de comprendre un peu la vie et de transmettre ce qu’il apprend. D’autres écrivains toutefois comme Murakami partagent simplement un univers très original, ils ne souhaitent convaincre personne de quoi que ce soit, ils veulent simplement partager les univers parallèles qui émergent dans leur imagination… il n'y a pas de recettes à succès, mais tant que les personnages nous amènent quelque part, nous avançons avec eux.



Alice Adams a donné une conférence. Elle disait utiliser parfois une formule pour écrire une nouvelle, qui s'appelle ABDCE, pour Action, Contexte, Développement, Climax (point culminant) et Fin.

Vous commencez par une action suffisamment convaincante pour nous attirer et nous donner envie d'en savoir plus.

À l’arrière-plan, c’est à vous de voir et de savoir qui sont ces personnes, comment elles se sont retrouvées, ce qui se passait avant le début de l’histoire.

Ensuite, vous développez ces personnages pour que nous apprenions ce qui les intéresse le plus.

L'intrigue - le drame, les actions, la tension - en découlera. Vous les déplacez jusqu'à ce tout atteigne le point culminant, après quoi les choses sont différentes pour les personnages principaux, de manière réelle.

Et puis il y a la fin : que sont devenues ces personnes maintenant, que leur reste-t-il, que s'est-il passé et qu'est-ce que cela signifie?

Lire et écrire demeurent deux compétences à développer tout au long de sa vie.

La très grande majorité des auteurs ne sont jamais publiés et cela ne les empêche pas d’avoir de nombreux lecteurs. Mes livres ont été vendus autour de 10 000 exemplaires, jamais beaucoup plus. Aujourd’hui, je publie surtout des articles sur mon blog, mais mes lecteurs sont beaucoup plus nombreux.

Je n’ai pas eu le patience décrire d’autres livres, car je sentais que les réseaux de distribution dans la francophonie étaient difficiles et que tous les rouages exigeaient trop d’énergie pour moi. J’ai préféré sortir du circuit, mais cela ne m’empêche pas de publier aussi souvent que je le souhaite.

Vous êtes nombreux à m’écrire chaque semaine pour me remercier de mes articles et de mes cours, vous aimez ces liens entre les membres de notre tribu… et cela me rend très heureuse. Je me sens utile et libre d’écrire comme bon me semble sur les sujets qui m’intéressent.

Et si un jour je décide de publier un autre livre, je le ferai avec plaisir, car je vous imaginerai en face de moi. Tenir un blogue et créer La Nouvelle École de Créativité me permettent de rencontrer ceux pour qui je fais ce travail.

C’est la raison pour laquelle, je pense que vous devriez avoir un blogue… vous ne savez pas où cela vous mènera !

Le souci de rechercher la gloire ou la fortune ? Cela contribue à faire perdre la motivation de ceux qui ne l'obtiennent pas rapidement... il est dommage de vivre dans l’attente et la frustration plutôt que dans la jouissance de la création. Et qu'est-ce que la gloire et la fortune exactement ?

J'ai voulu vous transmettre les plaisirs que recèle l'Acte d'Écrire, cette fois-ci c'était sous la forme de la nouvelle...

Je conseillerais à tout romancier en herbe de s'exercer ainsi avant de s'attaquer à l'écriture d'un roman, cela aide à acquérir de l'agilité

Chaque fois que vous devrez écrire une histoire, j'espère que ce mini-cours vous y aidera.



Quel sera votre prochain projet d'écriture ?

Dans Réussir son blogue, je vous accompagne, pas à pas, pour écrire des articles que vos lecteurs aimeront. Mon blogue Le laboratoire créatif/ma chronique sur the Conversation France a rejoint un demi million de lecteurs en moins de deux ans. Je vous assure que si je peux le faire, vous le pouvez aussi. Et je vous apprends tout ce que je sais et tout ce que je fais dans l'atelier Réussir son blog.

Écrire, cela s'apprend !

Amusez-vous... et au plaisir de vous revoir bientôt aux Cahiers de l'imaginaire ou à La Nouvelle École de Créativité.

Bonne écriture,

PS Si vous n’avez pas encore de blogue ou souhaitez améliorer celui que vous avez, profitez de mon cadeau, je vous offre un escompte pour vous encourager à continuer à écrire et à publier, voici le lien Réussir son blogue N'oubliez pas d'ajouter votre code : AMIS.