La mer

 
Photo : James Lee, Unsplash

Photo : James Lee, Unsplash

À mon message d'hier sur les génies créatifs...

Ayse écrit :
« Et, n'oublions pas Molière pour la langue, l'écriture. »

Oui, oui, Ayse surtout n'oublions pas Molière.

En parlant d'écriture, je me demande si l'écriture manuscrite survivra.

Je pratique tous les jours l'écriture sur le clavier.

Mais j'adore écrire également dans mes carnets.

Avant de dormir, je fais le point sur ma journée et je planifie ma journée du lendemain dans un carnet.

Et, bien sûr, c'est le prétexte pour quelques réflexions.

Moins terre à terre.

C'est un petit plaisir.

Tout simple

Tout gratuit.

Je ne peux pas expliquer pourquoi j'aime tant cela écrire avec une mine fine.

Les écoles abandonnent peu à peu l'enseignement de l'écriture cursive.

Mais pas au pays de Molière. Heureusement !

Cela nous fait gagner un peu de temps... pour prolonger ce plaisir qui sera remplacé par d'autres.

Parmi mes beaux souvenirs, il y a les expositions à la Bibliothèque nationale de France.

Essayer de déchiffrer l'écriture manuscrite d'un écrivain que nous aimons a toujours quelque chose d'un peu magique.

C'est comme si on se glissait au-dessus de sa plume... et qu'on suivait les mouvements de sa main.

Parfois, on lit des trucs bizarres.

Des notes de Roland Barthes m'avaient surprise. Aurait-il aimé que nous scrutions ainsi ce qui n'était pas du tout destiné à être publié ?

Quelques bouts de phrases griffonner dans un petit carnet à côté de la liste de courses alors q'il était dans un avion.

Pourtant, il était le premier à scruter les signes des autres et à y chercher un sens.

Les artistes, les créateurs... parfois ne s'appartiennent plus. Les détails de leur vie privée finissent par faire partie de leur œuvre.

Une vie comme un tout.

Aujourd'hui, presque chacun partage son intimité d'une manière ou d'une autre. C'est d'ailleurs la première vocation d'Instagram.

Lorsque nous avons la chance de lire des livres qui ont appartenu à d'autres personnes et qu'il y a des marginalias... c'est formidable !

L'expérience de lecture se transforme.

C'est comme si nous avions un invité avec qui on discuterait de la lecture en cours.

De 1845 à 1849, Edgar Allan Poe a intitulé certains de ses fragments de réflexion, notes de lecture et analyse artistique Marginalia.

Elles ont été publiées dans plusieurs revues américaines. Voltaire en a aussi rédigé dans les marges de ses livres.

Imaginez ce qu'on pourrait inventer avec nos blogues....

C'est un très joli territoire...
...qui peut être porteur de poésie.


Je demande toujours à mes étudiants scientifiques de présenter leur projet avec créativité.

Dans mes ateliers, on pratique les présentations « sans Power Point ».

Une équipe a imaginé une membrane... je ne peux pas en dire plus, entente de confidentialité oblige.

Mais Léonie a commencé en disant... je suis la mer, les déchets m'envahissent, m'asphyxient.

On aurait dit une déesse.

Pendant quelques secondes, nous étions la mer. Tous. Et nous avons souffert.

Nour rêvions d'un sauvetage.

Leur message a été encore plus percutant pour lutter contre les déversements de pétrole.

La poésie... n'est-ce pas une de nos très belles inventions ?

Oui, oui, Ayse, n'oublions pas Molière 

PS  À vos blogues les amis !  Et si vous avez envie de Réussir son blog, rejoignez-moi dans l’atelier.