LA MAGIE DES CONNEXIONS

 
PHOTO : Federico Beccari

PHOTO : Federico Beccari

Il y a tellement de questions pour lesquelles je n'ai pas de réponses.

Mais lorsque je croise une personne, une idée ou un événement qui m'apprend quelque chose de nouveau, je ressens une profonde gratitude. C'est ce que j'ai ressenti en lisant le livre de Leila Janah, Give work. Elle m'a fait réfléchir en profondeur à des façons créatives et originales de lutter contre la pauvreté. Je ne suis pas du tout experte dans ce domaine, mais je sais que l'approche voulant que nous développions de meilleurs projets en écoutant ceux pour qui nous les développons est une avancée positive et importante.

En termes techniques, cette approche s'appelle le Design Thinking que j'enseigne depuis 2012. Une approche nommée ainsi par le fondateur de la D. School en Californie, Tom Kelley, qui a été popularisée par la célèbre firme de design IDEO, fondée par David Kelley.

Mes premières expériences ont été d'aider des entrepreneurs sociaux lorsque j'étais catalyste pour ACUMEN, une entreprise en ligne qui forme et accompagne des entrepreneurs à développer et réussir des projets pour lutter contre la pauvreté. Cette école en ligne a été fondée par une femme non moins remarquable, Jacqueline Novogratz, une financière dont la fortune lui a permis de créer cette école à but non lucratif.

Si vous vous souvenez de la pyramide de Maslow, lorsque nous nous battons pour notre survie, lorsqu'on ne peut se nourrir ou se sentir en sécurité, il est très difficile de développer d'autres compétences, tant nos énergies sont requises pour survivre.

Les parents de Leila Janah sont des émigrants américains venus de l'Inde. L'arrière-grand-mère de Leila était Belge, une artiste qui était militante pour les droits de l'homme. Elle a épousé un jeune avocat indien qui luttait contre les inégalités. 

Lorsqu'on quitte son pays avec presque rien et qu'on doit tout reconstruire dans un autre pays, on développe des compétences et une capacité supérieure de prise de risques. Selon l'auteur et journaliste, Thomas Friedman, triple lauréat du prix Pulitzer, c'est ce qui expliquerait qu'il y ait un aussi grand nombre d'entrepreneurs aux États-Unis, un pays constitué d'émigrants.

Pourquoi Leila et Jacqueline font partie des héroïnes des temps modernes ?

Elles utilisent les moyens à notre disposition (technologie, Internet, etc.) pour aider les plus pauvres à avoir accès à l'éducation et à devenir autonomes. Et quand je dis les plus pauvres, je parle de personnes qui doivent parfois survivre avec moins de 1 $ par jour.

Pour moi, l'éducation est clé.

Il y a quelques semaines, le directeur The Conversation France, Didier Pourquery interviewait Shanta Devarajan, économiste et directeur principal de l’économie du développement au Groupe de la Banque Mondiale. Il avouait l'échec des pays développés en matière d'éducation malgré les milliards de dollars versés aux pays en développement.

J'aurais été déprimée après cette interview si je ne connaissais pas le travail de Leila et de Jacqueline.

Anne (de Belgique) me pose souvent d'excellentes questions. Aujourd'hui sa question est :

Une de nos têtes couronnées a ouvert un refuge d’hiver pour les sans-abri de notre capitale, spécifiquement les sans-abri qui ne sont pas admis dans les refuges « classiques » car accompagnés par leur animal de compagnie. Donc un refuge pour les SDF et leurs chiens. Mais plus admirable, selon ses dires, plusieurs d’entre eux ont eu, grâce à un accompagnement , la possibilité de retrouver un travail.

La pauvreté existe aussi à nos portes. C’est celle-là qu’il faut combattre avant toute autre.

Pourquoi ne pas commencer près de chez soi avant d’aller voir ailleurs?

Telle est ma question.

Bravo pour cette belle initiative en Belgique. Je pense que personne ne devrait être à la rue et que cela est absolument inacceptable dans un pays développé. Je pense qu'un toit et de la nourriture sont un minimum. 

Mais comme Jacqueline et Leila, je pense qu'il faut apprendre de ce qui ne marche pas et multiplier ce qui donne de bons résultats. Faire des dons ne suffit pas, il faut accompagner chacun à gagner, le plus possible, son autonomie. Ce qui a d'ailleurs contribué au succès de ce refuge belge qui a su aider les SDF pour qu'ils puissent se trouver un travail, une fois leur survie et sécurité protégées.

Mon acte de beauté aujourd'hui, ce qui a été merveilleux en 2018, c'est vous. Ce n'est pas important que vous soyez à l'autre bout de la terre, que vous soyez dans la jungle alors que je suis près d'un fleuve gelé. Cela ne nous empêche pas de prendre un café ensemble tous les matins pour réfléchir. Cela ne vous empêche pas de suivre mes cours en ligne et d'apprendre comment utiliser ces nouveaux moyens pour réussir, peu importe où vous êtes.

Les émigrants ont rarement quitté leur pays par désir ou par plaisir. Ils quittent leur pays pour survivre et se créer une vie meilleure parce qu'il y a trop peu d'opportunités là où ils sont. S'ils pouvaient améliorer leur vie dans leur pays, ils ne s'aventuraient pas en mer dans une petite barque entassés les uns sur les autres. Lorsqu'on prend une telle décision, c'est qu'on n'a plus rien à perdre.

L'émigration n'est pas toujours la solution, ll faut trouver d'autres chemins, d'autres modèles.

En effet, Anne, les pays développés n'ont pas su éliminer la pauvreté chez eux non plus.

Aider chacun à être le plus autonome possible pourrait représenter une force collective énorme. 

Nous jouissons de la qualité de vie que nous avons parce qu'il y a des ressources qui viennent de pays qui ne sont pas les autres. 

Nous aurions pu naître n'importe où. Si nous avons la chance d'être dans un pays qui nous procure tant de bienfaits, il faut réfléchir à comment contribuer à plus de richesse et d'autonomie pour soi et les autres.

Qu'est-ce qu'une frontière ?

  • C'est une responsabilité qui exige une gouvernance.

  • C'est une autonomie qui permet à des personnes de prendre leurs responsabilités et de se prendre en main.

  • C'est aussi diplomatie, constituée d'ententes et de partenariats... si on veut éviter les guerres.

Mais mon propos n'est pas de vous parler de gouvernance mondiale qui est pourtant un sujet essentiel si on veut résoudre les problèmes sociaux et climatiques. Je ne fais pas de politique. J'essaie seulement d'être responsable à ma petite échelle.

Comment ?

En jouant un micorôle et en posant des microactions qui se traduisent par des cours pour aider les participants à développer des compétences pour être plus autonomes et réussir leurs projets. Je suis au Canada, mais ce qui fait la force de ces contenus, c'est qu'ils sont une synthèse de ce qui marche dans différents contextes, comme le design thinking, bien appliqué, par exemple.

Nous avons de nouveaux moyens, de nouvelles connaissances qui peuvent nous aider à trouver de nouvelles solutions. Et c'est ce que je veux retenir, parmi les éléments forts, de 2018.

Mon mentor américain avec lequel je me suis formée, cette année, à The ASK METHOD, un dérivé du Design Thinking a créé une académie dont je fais partie en tant que premiers membres, je suis le numéro 257. Une partie des profits sert à construire une école en Afrique. 

Vous voyez Anne, nous sommes tous liés. J'essaie de faire bénéficier les autres de ce que j'apprends, mais sans les autres, je ne saurais pas grand-chose. Et, pour moi, ce maillage est un de mes coups de cœur de 2018.

Vous achetez mes cours, j'achète ceux des autres et on construit d'autres écoles qui vont former les élèves à développer des cours à leur tour pour partager leurs connaissances. C'est une chaîne de partage d'apprentissage dont nous sommes tous un petit maillon grâce à des moyens qui n'existaient pas, il y a à peine quelques années. Tout est à créer.

Que ce soit pour un enfant ou une personne âgée, vouloir faire les choses à leur place n'est pas la meilleure manière de les aider. Les encourager à faire eux-mêmes, le plus possible, pour être autonomes, c'est leur donner l'énergie de créer.

C'est ce que je vous souhaite, mes chers amis, en 2019, l'énergie de créer ! C'est ce j'ai mis dans la petite enveloppe rouge que j'ai cachée sous votre sapin. 

(Et ce que je me souhaite, c'est que La Nouvelle École de Créativité, puisse vous y aider.

PS Si vous souhaitez vous inscrire à un de nos cours, nous avons fait des promotions spéciales pendant les fêtes, le décompte approche. Profitez-en avant que l'année ne se termine et que les prix reviennent à la normale. https://cours.lanouvelleecoledecreativite.com/