L'INTRIGUE

 
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« Votre texte doit me donner la preuve qu'il me désire ». Roland Barthes

Sans intrigue il n’y a pas d’histoire, c’est l’intrigue qui nous fait avancer d’un événement à un autre jusqu’au point d’orgue.

Dans l’atelier Réussir son blogue, j’enseigne en détail comment construire une intrigue qui fonctionne.

Il est très important d’apprendre les rouages d’un bon storytelling, cela aide non seulement pour un travail de fiction, mais également pour tout article ou texte que vous avez à écrire.

Rien n’est plus ennuyeux qu’un texte qui n’éveille pas le désir d’en savoir davantage, qui ne pique pas votre curiosité, qui ne vous surprend pas… l’intrigue c’est ce qui donne envie de continuer à lire.

Mais dans une histoire bien écrite, les événements ne sont rien sans les personnages. Nous nous identifions à un narrateur, nous empruntons son regard, ses points de vue sur le monde, nous ressentons ses émotions, nous comprenons les risques qu’il prend, les peurs qu’ils affrontent, les traumatismes qu’il vit… l’intrigue n’a de sens que parce que nous vibrons avec les personnages(même ceux qui font des choses que nous réprouvons).

Si vous écrivez à propos de deux personnes, par exemple, vous apprenez à mieux les connaître jour après jour, les personnages ne sont pas des pions que l’on ajoute dans une trame narrative pour donner sens à des événements… c’est plutôt le contraire !

Les événements mettent les personnages en danger ou en joie. Les difficultés les obligent à être imaginatifs, à se surpasser. Parfois, ils pleurent, ils se découragent, ils sont perdus. Dans une bonne histoire, on tourne les pages en arrêtant presque de respirer… on pleure avec les personnages, on affronte les dangers avec eux et on est soulagé si l’histoire ne se termine pas trop mal.

Pour garder les choses simples, une histoire se compose de trois éléments fondamentaux depuis la nuit des temps :
un début, un milieu et une fin.

  1. L’annonce d’une crise, une perte, un défi… (vous n’avez que quelques minutes pour garder l’attention du lecteur). S’il ne se passe rien dans les deux premiers paragraphes, la plupart des lecteurs décrocheront. Premier défi, trouver une bonne accroche.

L’accroche au départ est ce qui vous fera lire ou non la nouvelle. Les deux ou trois premiers paragraphes sont clés... ce qui va retenir notre attention, la plupart du temps, c’est un personnage en danger.

Prenons l'exemple d'un d'entre vous qui a joué au Jeu du MOI :

DÉBUTHomart est dévasté. Sa femme le quitte. Nous sommes en Côte d’Ivoire. Il y a une tension dramatique. Même si je ne connais pas Homart, je sais qu’il s’est effondré en apprenant cette nouvelle. Et c'est parce qu'il en est très affecté que je vais continuer à lire... si cela ne le dérangeait pas, son histoire n'aurait aucun intérêt.

MILIEU Que fera Homart ? L'intrigue prendra de l’ampleur si je m’inquiète pour lui, mais pour que je puisse m’inquiéter, je dois percevoir ses sentiments, comment il vit la situation. L’intrigue n’a de sens qu’à travers son regard et ses sentiments.

Homart écrit : « Je me sens un peu perdu lorsque je suis à la maison. Je n’arrive pas à me concentrer sur d’autres choses. Les bons moments passés ensemble me viennent toujours à l’esprit. » Je comprends que le personnage principal est encore amoureux de sa femme. Le développement de l’intrigue sera de savoir ce qu’il fera pour surmonter cette épreuve.

Va-t-il sombrer dans le désespoir ou ruser pour s’en sortir ?

Tout ce qui nous intéresse dans une histoire, c’est comment la personne va s’en sortir, cela nous aide à résoudre nos propres problèmes, à affronter nos propres peurs, les actions des personnages nous inspireront de nouvelles idées pour améliorer nos vies.

Rappelez-vous le message d’hier… nous avons tous un territoire à gérer et à exploiter. Observer comment les autres gèrent leur territoire nous aide à gérer le nôtre. Leur courage nous encourage à être plus courageux.

Un personnage heureux qui gère tout haut la main ne constitue pas du matériel pour une bonne histoire. Il vaut mieux mettre en scène des personnages imparfaits qui galèrent (comme nous tous).

Ce n’est pas parce qu’on aurait besoin d’une psychothérapie qu’on en suit une. Personne n'arrive à faire tout ce qu'il devrait faire. La vie est plus compliquée que cela. Un personnage qui ne sait pas, qui hésite, qui chute ou rechute… voilà qu’on s’y retrouve, car il nous ressemble.

Une bonne histoire, c’est également des personnes qui ne font pas toujours ce que d’autres personnes leur disent de faire…

L'élément clé à retenir

Toujours se concentrer sur vos personnages avant les événements. Shakespeare, Faulkner, Proust… tout est toujours une affaire de personnages. Bien sûr, nous apprécions la beauté de l’écriture, mais notre premier intérêt est de comprendre en quoi consiste la vie du point de vue de l’auteur. Les personnages nous intéressent si nous ressentons qu’ils sont vrais.

Toutefois, des personnages dans une histoire sans intrigue n’ont pas d’intérêts, s’ils ne vont nulle part, pourquoi perdre notre temps à simplement les regarder vivre ?

Votre rôle d’auteur consiste à mettre en scène des personnages qui vivent des situations particulières, à imaginer des imprévus, des rencontres, des guides qui leur tendront une perche au moment où ils en ont le plus besoin. Une histoire est un parcours sur des chemins tortueux.

Sa force ? Homart décide de la puiser dans le silence, c’est beau et émouvant. Il va chercher la réponse en son être intérieur.

Que va-t-il découvrir ?

Sa ruse ? Il retire toutes les photos de son ex-femme dans la maison et coupe tout lien avec elle.

Je ne connais pas la suite, je suis curieuse de la connaître si Homart continue d’écrire.

Nous sommes au milieu de l’histoire, dans son développement. Tous ces événements doivent nous conduire à une chute dramatique, un point d’orgue.

Certains auteurs prétendent savoir quel est le point culminant dès le début de leur histoire, bien avant de s'en approcher. Le point culminant est cet événement majeur, généralement vers la fin, qui réunit toutes les notes que vous avez jouées, pour reprendre la métaphore d’Anne Lamott, jusqu’à un accord majeur. Après quoi, au moins un des personnages de votre nouvelle est profondément transformé.

Si quelqu'un ne change pas, alors à quoi sert votre histoire ?

Pour le point culminant, il doit y avoir un meurtre ou une guérison ou une domination. Cela peut être un meurtre réel ou un meurtre de l’esprit ou quelque chose de terrible, une mort dans l’âme, après quoi la personne redevient vivante ou prête pour autre chose. La guérison peut porter sur l’union, la récupération, le sauvetage d’une chose fragile. Libre à votre imagination.

Quoi qu'il arrive, nous devons ressentir que c'était inévitable, que même si nous sommes stupéfaits, cela nous semble tout à fait juste.

Pour avoir ce sentiment d’inévitabilité, le point culminant de votre histoire ne se révélera probablement que lentement, au fil du temps.

Deviner la fin d’une intrigue est dommage (et je suis particulièrement douée pour cela !). Vous devez soigner votre intrigue pour donner juste assez d’éléments pour que l’on comprenne, mais pas trop pour ne pas dévoiler la chute dramatique.

Vous pensez peut-être que vous savez déjà ce que contient ce moment — et il est logique de tendre vers un but — mais je vous conseille de rester ouvert à toute éventualité.

Concentrez-vous sur vos personnages, comment ils se comportent les uns envers les autres, ce qu'ils disent, ce qu’ils ressentent, ce qu’ils craignent. Observez comment ils réagissent face aux défis que vous leur lancez.

Vos personnages pourront vous étonner et vous conduire vers un point culminant que vous n’aviez pas prévu.

Rappelez-vous, pour cet atelier, j’ai choisi la méthode laisser émerger !

À vous maintenant, je vous laisse mettre vos personnages au défi et les faire évoluer dans votre intrigue.

1 - Un début (super accrocheur… on veut lire, notre curiosité est piquée).
2 - Un milieu (un développement qui nous tient en haleine pendant toute la traversée, des hauts, des bas où l’on se demande sans cesse que vont faire les personnages confrontés à ces événement, ces rencontres, ces imprévus… jusqu’à un point culminant inévitable et pourtant que nous n’avions pas vu venir.
3 - Une fin Qu’est-ce qui a changé ? Quelle transformation ? Qu’a-t-on appris ?

Comme en écho à la perte ressentie par Homart, Jean-Marie (en référence à l’alliance de son père qu’il a perdu et dont je vous ai parlé dans mon message d’hier), écrit :

« J’y ai perdu comme une maison, et de manière presque définitive ; avec le recul, je me dis aujourd'hui, mais(incapable à l'époque), qu'on a à gagner à laisser disparaître les choses qui veulent disparaître sans chercher à les retenir. »

À demain, pour les dialogues…

Sylvie

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