L'IMPRÉVU

Photo : Brooke Cagle, Unsplash, L’imprévu par Sylvie Gendreau

Photo : Brooke Cagle, Unsplash, L’imprévu par Sylvie Gendreau

La vie, ce mouvement perpétuel, nous fait explorer différentes facettes de notre personnalité.

La Blue Ocean Strategy est comme un mouvement de balancier qui nous permet de choisir entre une mer rouge et une mer bleue.

L'exercice devient plus intéressant encore, lorsqu'on le fait à périodes régulières. Une personne qui fait un travail sur elle, s'apercevra qu'elle peut faire bouger les marqueurs...

J'ai aimé l'analyse de Céline, j'y ai vu une décision d'ajouter un peu d'innovation dans sa vie :

« Ce qui me représentait le mieux jusqu'à il y a un an : 
Innovation 10%
Migration 40% 
Imitation 50%

Depuis j'ai un peu switché : 
Innovation 20%
Migration 50%
Imitation 30% » 


Ou l'équilibre parfait de Véronique : 1/3 - 1/3 -1/3.

Voilà pour cette grille d'analyse que vous pourrez utiliser à l'occasion pour lire en vous.

L'imprévu

Je partage la découverte de Marie-Laure, une très jolie histoire. Elle a réagi à un de mes messages de la semaine dernière, vous vous souvenez celui qui terminait sur cette phrase :

Il faut aimer nos problèmes, ils sont notre chance pour nous surpasser et nous étonner nous-mêmes. 
 
 « Je vais vous raconter une petite histoire. Comme je vous l'ai dit dans un mail précédent, mon mari a la maladie d'Alzheiimer. C'est une grande difficulté au quotidien, je ne vous le cache pas et je ne souhaite à personne de vivre cela. Mais il y a dans cela un élément qui est arrivé et qui me fait penser à votre petite phrase. 

Mon mari faisait depuis plus de trente ans des recherches généalogiques, il a au moins une quinzaine de classeurs de fiches griffonnées sur papier. Du côté de sa famille, il est remonté jusque vers 1560 environ. J'étais très réfractaire à la généalogie, je trouvais que cela lui prenait beaucoup trop de temps (pris sur la vie de famille !)

Je disais souvent  : 
je préfère être avec les vivants ! Ces dernières années, je voyais que mon mari commençait à mélanger ses documents et cela m'attristait. Même si j'étais réfractaire à la généalogie je trouvais dommage que cela soit perdu pour ses enfants. J'en ai parlé avec mes enfants et mon fils m'a conseillé un très bon logiciel de généalogie. J'ai proposé à mon mari de retranscrire toutes ses recherches en numérique. Il était ravi. Comme il lui ait aujourd'hui impossible de le faire lui-même, c'est moi qui fait la saisie. 

Depuis octobre 2018, nous effectuons une à deux heures de retranscription par jour. Nous sommes à 2200 personnes saisies.

Moi, qui était réfractaire, je me suis prise au jeu.

D'une part, je découvre que cette démarche est très proche de la démarche de recherche en sciences sociales que j'ai menée dans ma carrière professionnelle.

D'autre part, c'est un temps que nous partageons, ce qui est positif dans la débâcle de la vie quotidienne.

Troisièmement, cela lui permet de faire indirectement, quotidiennement, un exercice intellectuel, ce qui est indispensable pour empêcher la maladie d'avancer trop vite.

 Il y a un autre point assez fantastique. Je n'avais pas vraiment fait de recherche sur ma propre famille. Je connaissais quelques bribes de ma propre histoire familiale. J'ai alors rentré les éléments en ma possession dans le logiciel et je me suis aperçu qu'il y avait une des branches sur laquelle je ne savais rien. J'ai un peu interrogé autour de moi, mais personne ne savait rien d'une de mes arrière grands-mères, d'où venait-elle, qui était-elle ?

Finalement, avec mes quelques compétences développées ces derniers mois, j'ai pu remonter la "branche" pour découvrir que la grand-mère de cette arrière grand-mère était 
une des premières femmes photographes de France, (nous sommes au tout démarrage dans les années 1850) qu'une de ses photos se trouve dans les archives du Musée d'art moderne de San Fransisco, qu'un musée en France fait actuellement des recherches sur elle et qu'un chapitre d'un beau livre sur la photographie lui a été consacrée !

Bien sûr, cela n'enlève rien à la maladie de mon mari et aux difficultés quotidiennes, mais cela a apporté un beau rayon de soleil dans ma vie et dans mon histoire. Je comprends juste un peu mieux peut-être 
pourquoi je suis une passionnée de photographie depuis mon enfance... »
 
Dès qu'on se met en mouvement, pour Marie-Laure ce fut la généalogie, on dirait que la vie nous répond du tac au tac. Comme un mouvement de balancier.

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