J'suis snob đŸŽ¶

 
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Allez
 un petit air de Boris Vian pour commencer la journée.

 J'suis snob 

Je sens que je vais me la jouer en boucle
 donc aussi bien partager !

Pourquoi je pense Ă  Boris Vian ?

Parce que l’expĂ©rience avec le cĂ©lĂšbre violoniste Joshua Bell m’a rappelĂ© une autre expĂ©rience.

Des organisateurs connus dans le domaine des Ă©vĂ©nements artistiques ont annoncĂ© un vernissage Ă  New York avec des artistes Ă©mergents les plus prometteurs de leur gĂ©nĂ©ration
 avant mĂȘme que l’évĂ©nement ait lieu, toutes les Ɠuvres avaient Ă©tĂ© vendues Ă  prix trĂšs Ă©levĂ©s.

Il s’agissait d’un canular.  On avait demandĂ© Ă  des personnes d’appliquer de la couleur sur des toiles
 mais aucun n’était artiste.

J'suis snob 

Nous avons dĂ©jĂ  parlĂ© de l’effet de groupe. C’est une chose que nous expĂ©rimentons au sein de notre tribu et que nous allons approfondir avec le membership.

Il y a toujours des moments de connivences entre humains et ces moments nous éduquent, nous font grandir, nous aident à réussir davantage.

Comme le travail en Ă©quipe lorsque les membres s’entendent bien et aiment travailler ensemble.

Si une personne que nous respectons ou admirons partage un de ses coups de cƓur, nous serons plus enclins Ă  aimer aussi.

Les autres nous influencent, mais pas seulement,
 les autres peuvent Ă©galement nous Ă©duquer. Le mimĂ©tisme opĂšre.

Avec la BeautĂ©, il y a deux phĂ©nomĂšnes : Soi et Les Autres.

Seul.e, nous pouvons nous Ă©merveiller devant certaines choses pour de multiples raisons parce qu’elles nous Ă©voquent un souvenir, parce que nous faisons certaines connexions.

Ce qui éveille la passion chez certains peut nous laisser complÚtement indifférents.

Ayant eu une galerie d’art contemporain
 j’ai souvent vu des regards abasourdis
 de longues mĂ©ditations devant des Ɠuvres qui n’évoquaient pas les mĂȘmes choses pour un collectionneur prĂȘt Ă  en payer un prix important et une personne pour qui cet esthĂ©tisme symbolique reprĂ©sentait un objet sans valeur qui n’aurait mĂȘme pas trouvĂ© une place dans son garage.

La BeautĂ© a souvent besoin d’ĂȘtre mise en scĂšne
 et toute beautĂ© ne s'adresse pas Ă  tous.

Les goĂ»ts et les intĂ©rĂȘts diffĂšrent.

Pour moitiĂ©, la BeautĂ© est dans la perception intime du regardeur.

Et nous, les regardeurs, nous imaginons parfois nos propres mises en scĂšne et voyons de la BeautĂ© frĂ©quemment sur notre chemin. C'est mon cas. Je suis intentionnelle pour ces choses-lĂ . Mais ce qui est Beau pour moi ne l'est peut ĂȘtre pas pour vous.

Comme Philippe Ă©crit en parlant de l'expĂ©rience de Joshua Bell : 
‘
« Cela me rappelle une 'maxime' d'un cours de communication que citait souvent mon Ă©pouse: 'si vous dites mal ce que vous faites bien, on pensera que vous le faites mal.' On peut aussi analyser l'expĂ©rience du point de vue de l'Ă©ditorialiste du Washington Post : le compte rendu d'une prestation exceptionnelle, d'un artiste exceptionnel dans une salle de concert Ă  Boston, c'est, somme toute, un 'papier' banal. Les performances (aux sens anglais ou français, comme vous voudrez) d'un Ă©lĂšve de conservatoire dans le mĂ©tro, mĂȘme Ă  des fins d'expĂ©rience sociologique, ne mĂ©ritent sans doute mĂȘme pas un papier. Alors qu'une expĂ©rience sociologique mĂȘlant un artiste et un instrument d'exception Ă  un contexte archi banal, voilĂ  ce qui fera un bon papier. »

Et que oui !

Cela rejoint, ce que j’enseigne dans CrĂ©er sa marque personnelle.

Apprendre Ă  communiquer sur soi et ses projets est primordial.

Plus je lis des biographies de crĂ©ateurs cĂ©lĂšbres, plus je constate que systĂ©matiquement une forme de symbiose a joué  et de marketing !

Soit les mĂ©dias les ont magnifiĂ©s
 soit leurs agents
 soit leurs amis et mĂ©cĂšnes
 et l’effet groupe ont fait le reste
 c’est devenu l'Ă©vĂ©nement Ă  voir ou l'objet convoitĂ©... Ă  une Ă©poque prĂ©cise.

Et, avec un peu de chance, cela s'est prolongĂ© au-delĂ  de l'air du temps !

 J'suis snob 

Les gĂ©nies que nous connaissons ont eu cette chance. Certains, les plus privilĂ©giĂ©s, de leur vivant, d’autres aprĂšs leur mort.

Mais dans tous les cas
  leur gĂ©nie a Ă©tĂ© reconnu par le plus grand nombre grĂące Ă  la fabrication d’histoires et de mises en scĂšne.

Anne Ă©crit : 

« Il m’est revenu en mĂ©moire des paroles qui mentionnent que pour que quelque chose se passe (avec succĂšs) il faut le bon « produit », le bon endroit, et le bon moment.

Je ne peux m’empĂȘcher de penser Ă  certains artistes qui n’ont Ă©tĂ© reconnus que longtemps aprĂšs leur dĂ©cĂšs (Nicolas de StaĂ«l, Egon Schiller, Vincent Van Gogh...) il Ă©tait trop tĂŽt pour leur talent. »


C’est ce que l’on dit pour une innovation : une bonne idĂ©e avant son temps ne trouvera pas son public. 

J’ajouterais un autre Ă©lĂ©ment, la persĂ©vĂ©rance.

L’inventeur des Post-it, Spencer Silver, s’est fait traiter d’obstinĂ© Ă  force d’ennuyer tout le monde
 avant qu’on reconnaisse la pertinence de son idĂ©e.

Si vous souhaitez remporter des victoires, rappelez-vous que la maniĂšre dont vous prĂ©senterez votre produit ou servicel’expĂ©rience que vous ferez vivre Ă  ceux et celles Ă  qui vous les destinez et la persĂ©vĂ©rance dont vous ferez preuve pour continuer Ă  l’amĂ©liorer joueront.

Le génie seul ne suffit pas, il vient avec un emballage.

Choisir le bon endroit et le bon moment Ă©galement. Lorsqu’on regarde la vidĂ©o de la performance de Joshua Bell, c’est terrible
 je pense que mĂȘme moi, je ne me serais pas arrĂȘtĂ©e


C’est tĂŽt le matin, Ă  l’heure oĂč l’on se rend au travail
 dĂ©jĂ  !

Mais c’est aussi prĂȘt de la porte, en plein courant d’air, avec du bruit supplĂ©mentaire
  le lieu est passant et encourage peu Ă  s’y arrĂȘter mĂȘme pour une courte pause.

Et de surcroĂźt l’écho des pas
 plus forts que les sons du violon.

Je suis d’accord avec Nichole :

« Il faut un certain silence, une ambiance douce, du temps pour s’imprĂ©gner, de l’ouverture Ă  la nouveautĂ©. Plus on s’ouvre, plus on remarque la beautĂ©, plus on la vit, moins on a besoin du silence ou de l’ambiance, car on peut faire abstraction de tout ça par nous-mĂȘmes. C’est alors qu’on peut communiquer cette beautĂ© Ă  d’autres et la chaĂźne continue. C’est ce que je pense et vis. »

Isa disait qu’on devrait partir un peu plus tĂŽt pour se laisser une marge pour apprĂ©cier la beauté  c’est ainsi que le coach Greg McKeown conseille Ă  ses clients dĂ©bordĂ©s de devenir des essentialistes.

En faire moins, le faire mieux et partir plus tĂŽt que l’heure du rendez-vous pour se dĂ©tendre en chemin.

Mais cela est exigeant. Cela veut dire apprendre Ă  dire non Ă  plusieurs choses pour ne retenir que celles qui sont essentielles.

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