Cure de déxintox

 
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Comme toujours, vos retours sont intéressants et nous font avancer. MERCI.

Je divise vos expériences en deux grandes catégories.

Des expériences merveilleuses :
Des groupes, où lorsqu'il y a juste assez de liberté et de respect, la créativité des uns répond à la créativité des autres. Il se crée alors une complicité naturelle. Après de telles expériences, on a l'impression que le temps s'est arrêté. Ce temps suspendu restera souvent un merveilleux souvenir pour tous ceux et celles qui ont participé à l'expérience.

Chaque fois que j'organise un atelier ou un cours, c'est l'objectif. 
Et la plupart du temps pour la plupart des participants, la magie opère.

Des expériences cauchemardesques :
Des groupes, où lorsqu'il y a trop de rigidité et de jeux de pouvoir, un sournois malaise s'installe, une lourdeur et parfois des blessures émotionnelles qui laissent des séquelles.

Emmanuelle (que j'appellerai, la créative lorsque je parlerai d'elle, vous la reconnaîtrez) a raison lorsqu'elle écrit :

« Mais je trouve que le mot "personnes toxiques" est un peu trop utilisé. Je le dis tel quel parce qu'après un événement de ma vie, je voyais de la toxicité partout dans les relations. Et ça rend parano. Pour moi, il y a toxicité quand il y a volonté de nuire et que cela se fait de façon indirecte (car directement, on s'en aperçoit et on réagit : c'est "juste" une bonne vieille agressivité primitive).

Je vois les choses davantage comme votre premier messager qui parle de la façon dont les humains se volent de l'énergie (de façon totalement inconsciente, c'est un mécanisme de survie qui s'est mis en place). Il y a de la vampirisation d'énergie derrière ça et il faut savoir le voir pour la préserver mais il n'y a pas toxicité.

Quand j'ai regardé les personnes que je pensais toxiques pour moi comme des gens blessés (et qui plus est, qui m'aimaient et souhaitaient mon bien), mon coeur s'est beaucoup apaisé. Et les relations aussi. »


Non seulement, il ne faut pas voir des personnes toxiques partout, il faut essayer de donner une chance aux personnes qui nous apparaissent comme toxiques, car parfois, c'est juste une plaie qui est encore ouverte et la personne ne s'aperçoit pas de ce qu'elle dégage ou de l'effet qu'elle a sur les autres.

Sans compter que nous avons tous, à l'occasion, besoin d'une petite cure de désintoxication.

Je sais qu'il y a le meilleur et le pire, en moi.

Si je me préoccupe à ce point de mes fréquentations, c'est parce que je souhaite faire émerger ma meilleure part. Être inspirée. Suivre leur exemple.

Mais cela n'empêchera pas que parfois, c'est la part obscure qui jaillira.

Ce que je recherche, c'est plus de conscience.

Tant que je perçois les choses, ça va encore. Je peux les améliorer.

Mais qu'en est-il de tout ce que je ne vois pas, tout ce que je ne perçois pas ?

Qu'en est-il de tout ce qui est inconscient ?

Qu'en est-il des toxines... que j'aurais intérêt à nettoyer... mais je ne sais pas qu'elles y sont, où je ne sais pas où elles se cachent ?

C'est à ce moment, chers membres de ma tribu, que vous êtes formidables ! Vos commentaires et vos exemples me font réfléchir et me permettent de voir des choses que parfois je n'avais pas vues. Et cela me remet en question... et comme dirait notre ami Jacques, l'inventeur, après chaque lettre, lui qui se qualifie de lent, a pourtant le cogito qui tourne à 200 à l'heure.

La culture !

Pendant de nombreuses années, j'ai aidé des multinationales à réussir leurs fusions d'entreprises.

Le plus difficile lorsqu'une entreprise en achète une autre, ce n'est pas la fusion des états financiers, le changement de locaux, la fusion des activités...

Vous vous doutez de ce qui est le plus difficile, le plus délicat ?

Du jour au lendemain, les personnes doivent développer une complicité avec des personnes qui sont parfois leurs concurrents depuis de nombreuses années.

Le plus difficle pour réussir une fusion ? C'est de créer une nouvelle culture d'entreprise.

La culture, c'est ce qui exige le plus de temps, d'effort et d'énergie.
La culture, ce n'est jamais acquis, nous devons en prendre soin tous les jours.

Les entreprises qui n'y prêtent pas attention ont rarement des employés qui ont un fort sens d'appartenance.

Mais avec une culture forte, on peut faire arriver l'impossible.
J'en ai été témoin plusieurs fois.

Je salue Vincent, un nouveau venu parmi nous, qui d'entrée de jeu m'a inspiré une nouvelle idée.

Il confie qu'il y a non seulement des membres de sa famille qui sont toxiques, la culture est de se critiquer les uns les autres constamment.

Et lorsqu'on vit dans un tel milieu, on devient toxique malgré soi.

Il se demande s'il est légitime pour appartenir à notre tribu.

Tout ne se joue-t-il pas entre la conscience et l'inconscience ?
Entre la perception et la non-perception ?

Parlons culture...
J'ai quelques amis écrivains qui vivent ou vivaient à Paris.
Dont un, qui est décédé.
J'étais membre de sa tribu.
Il avait une intelligence scintillante.
Toutes les semaines, j'étais invitée à dîner.

Grâce à M, j'ai rencontré de célèbres penseurs, scientifiques, écrivains.
Il m'avait donné un surnom : champagne, pour mon esprit en ébullition.

Cet homme que j'estimais, un humaniste, avait pris un drôle de pli au fil des ans.

Devenue une régulière... plus proche de la famille... j'ai assisté à des scènes qui me laissaient parfois perplexe.

Vous savez, ces situations, où l'on souhaiterait disparaître, où l'on ne se sent pas légitime de voir ou d'entendre cela, parce qu'il s'agit de problèmes intimes entre deux personnes.

Je ne vivais pas à Paris depuis longtemps. Avec le temps, de telles situations se sont parfois reproduites.

J'ai alors compris que ce qui, pour nous, se discutait entre nous, dans l'intimité d'un foyer. Pour eux, cela pouvait s'exposer devant des amis qu'on incluait dans son cercle intime.

Ce qui est, parfois, toxique pour l'un ne sera peut-être pas perçu comme toxique pour l'autre.

Ce sont toutes ces tonalités et subtilités...  qui rendent nos relations humaines si complexes et intéressantes.

Que ce soit avec notre famille, nos amis, nos partenaires ou nos clients.

Bien malin, celui qui pense avoir la réponse définitive.

Tout ce que je sais, c'est que pour mieux-vivre ensemble, il faudra inventer de nouvelles expériences.

Certaines seront heureuses. D'autres moins.

Et Vincent, une personne qui a vécu (ou vit) dans une famille toxique sera très utile pour nous faire éviter des pièges de la toxicité que d'autres ne verraient même pas.

Cela pourra même donner à notre tribu d'entrepreneurs, l'idée de nouveaux produits ou services à mettre sur le marché.

Un des buts de notre tribu n'est-il pas, après tout, d'inventer demain ?

Avec des produits et des service qui apportent du sens et de la valeur.

 
Sylvie Gendreau