Compagnonnage virtuel

 
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Vous êtes nombreux à associer la capacité d'apprendre à dire non à un signe de sagesse.

Ce qui attire mon attention en ce moment, ce sont ces personnes qui disent non à leur employeur.

Non seulement ils changent de vie.

Ils quittent le secteur tertiaire pour l'artisanat.

Un cadre supérieur quitte son emploi pour devenir un artisan-fromager.

Une cadre dans l'alimentation achète une entreprise de bijoux.

Des doctorants décident d'aller élever des chèvres.

Pensez-vous qu'il s'agit d'exceptions ou d'une lame de fond ?

L'entrepreneuriat individuel est en vogue.

Certains prennent probablement les devants avant la vague des pertes d'emplois annoncée.

Les postes intermédiaires entre autres.

Si la réflexion vous intéresse, je vous conseille l'article d'Arnaud Lacan.

Le mal-être en entreprise est à l'origine des nouveaux postes de plus en plus en vogue au sein des grands groupes : Chief Happiness Officers.

Dans certaines entreprises, la plupart des salariés et cadres doivent contrôler leurs émotions du matin jusqu'au soir.

Jour après jour.

Ce qui est très mauvais pour la santé.

La tristesse est parfois salvatrice.

Bonnes et mauvaises, les émotions doivent être exprimées.

Est-ce le rôle de l'employeur de s'occuper du bonheur de son personnel ?

N'y a-t-il pas le risque d'un dérapage.

L'employeur est responsable de créer un cadre, un contexte, un environnement pour que son personnel se sente le mieux possible pour contribuer avec les autres à créer ce qui doit être créé.

Mais la vie privée devrait toujours être protégée.

Imposez l'enthousiasme peut drainer encore plus d'énergie.

L'enthousiasme doit être naturel. 

Au même titre qu'il est sage d'apprendre à dire non, il est sage de protéger sa liberté et sa vie privée.

Comme il est respectueux de protéger la vie privée de nos coéquipiers et de nos collaborateurs.

Cela dit, ce désir d'entreprendre est pour moi (vous vous en doutez) positif.

Il y aurait également un retour au compagnonnage chez les jeunes : une passation de savoir entre ceux qui maîtrisent un art et un savoir-faire et ceux qui ne savent pas encore.

Contrairement à l'époque actuelle où l'on essaie de divertir continuellement, ces apprentis sont prêts à s'astreindre à une discipline très rigoureuse et à fournir l'effort requis pour apprendre, selon les règles de l'art, à fabriquer avec leurs mains des produits d'exception.

L'art de bloguer n'est-il pas (pour certains) une forme de compagnonnage virtuel pour transmettre savoir et passion ?
Cette forme moderne d'échanges et de partage peut être l'occasion d'une transmission à réinventer.

 
Sylvie Gendreau