Aimez-vous (vous) vendre ?

 
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Lorsque j'ai eu seize ans, ma mère m'a encouragée à me chercher un emploi pendant les vacances d'été.

Cela m'a semblé une épreuve presque surhumaine.

J'étais timide et très indépendante.

Choyée et un petit peu orgueilleuse 😉, il me semblait que chercher un emploi, c'était comme demander la charité.

Non seulement il fallait savoir vendre, ce qui représentait un défi en soi, mais en plus, le produit, c'était moi ! 

J'ai fait la tournée des boutiques sur une rue commerçante.

Mais le cœur n'y était pas.

Lorsque je suis entrée dans une boutique plus belle que les autres, des vêtements pour femmes, des importations italiennes, un style couture, très design.

Les vêtements étaient à la fois raffinés et originaux. En fait, je n'avais encore rien vu de pareil auparavant.

La boutique s'appelait ORPHÉE.

La voix presque étouffée, j'ai demandé à parler au gérant. 
Un bel homme, grand, mince, intimidant, est venu derrière le comptoir.

J'ai murmuré (ma voix était à peine audible) que je cherchais un emploi pour les vacances.

Il m'a demandé si j'avais déjà travaillé ?
NON
Est-ce que j'avais déjà vendu quoi que ce soit ?
NON

Même le chocolat que je devais vendre à l'école, pour des campagnes de dons, ce sont mes parents qui finissaient par l'acheter.

On ne peut vraiment pas dire que j'étais une vendeuse née.

C'était vendredi.

Le patron m'a dit de revenir le lendemain pour l'après-midi. Il a précisé que je ne serais pas payée. Mais si je réussissais à faire une vente, il m'engageait pour l'été.

Ce soir-là, j'ai eu du mal à m'endormir.

Le samedi, malgré ma bonne volonté :
-13h
-14h
-15h
-16h... toujours pas de vente !
Je me souviens encore de mon angoisse d'heure en heure.

Je n'ai pas fait une seule vente !

Cinq minutes avant la fermeture, une cliente m'a dit : je reviendrai.

Heureusement, le gérant m'a tout de même engagée !

Ce travail a été mon emploi pendant deux ans, étés et week-ends.

Je suis devenue, pour eux, une excellente vendeuse, et même gérante de la boutique le dernier été.

Au point où lorsqu'on me croisait sur la rue, on ne m'appelait pas Sylvie, on m'appelait Orphée.

Comment ai-je pu me transformer à ce point ?

Avec une histoire !

Au lieu de me percevoir comme une vendeuse, je suis devenue une conseillère-mode.

Lorsqu'une cliente entrait, je l'observais discrètement. Je la servais. Et je lui disais que je la verrais bien avec ceci et cela. Je lui demandais si elle voulait bien essayer ces tenues seulement pour le plaisir.

La plupart du temps, elles acceptaient et elles aimaient leur image dans la glace.

Elles achetaient.

Mieux encore, elles revenaient la semaine suivante, et l'autre ensuite.

Et lorsque j'étais occupée, elle insistait pour m'attendre.

Je n'étais plus une vendeuse.

J'étais devenue une conseillère-mode.

Lorsqu'elles suivaient mes conseils, elles recevaient des compliments.

Elles pensaient naturellement à moi lorsqu'elles avaient envie d'une nouvelle tenue.

Je n'ai jamais aimé la vente sous pression.

Mais j'ai toujours aimé aider les autres à être mieux.

Mes patrons de l'époque étaient une famille de commerçants.

Parfois, ils vendaient (un peu) sous pression. 

Un jour, un des frères m'a dit, tu vois cette femme, ça fait une heure que j'essaie de lui vendre un pull en solde. Je n'en peux plus.

Si tu réussis à lui vendre quelque chose, je double ta commission pendant une semaine.

Je me souviens encore de cette histoire parce que cette femme est devenue une de mes meilleures clientes.

Ce fut ma plus grosse vente. Elle a acheté des manteaux, des costumes, des blouses, des accessoires.

Nous avons dû tout apporter à sa voiture tant il y avail de sacs.

Ce pari a fait le tour de la rue.

Je pense que j'ai eu de la chance, bien sûr.

Mais je pense surtout que tout ce qu'elle a acheté lui allait vraiment très bien.

Sinon, j'aurais tout fait pour ne pas lui vendre.

Pourquoi, je conseille d'avoir un blogue ?
(C'est le sujet du projet cours en  préparation).

Parce que c'est un façon de vous vendre avec classe.

Et si vous faites un bon boulot, les clients auront envie de revenir vers vous.

Chaque fois qu'ils auront acheté chez vous, cela aura contribué à les enrichir d'une manière ou d'une autre.

La publicité, c'est important.

Mais ce n'est pas une science.
C'est un art appliqué.

Et il ne faut pas faire n'importe quoi.

Aujourd'hui, il y a un long article que vous devez lire, mais je pense que vous allez aimer.

Cette semaine, il est question de MAD MEN.

J'espère que vous avez le temps pour un deuxième café (si ce n'est pas le cas, je vous conseille d'attendre à votre prochaine pause). Installez-vous confortablement, on part en tournée dans différentes époques

https://www.cahiersdelimaginaire.com/votrelaboratoirecreatif-sylviegendreau/la-mort-de-don-draper


PS Créer sa marque, ce n'est pas une science, c'est un art appliqué et un magnifique exercice de création de soi.